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Les voyageurs de l’infini #2

Suite de votre saga : un deuxième épisode à dévorer de toute urgence !
episode2

Partie 2 : Rencontre

Les collégiens, serrés les uns contre les autres, tremblants, se demandaient quelle étrange créature hantait les couloirs du collège. Si Lucille avait disparu, qu’allaient-ils devenirs, eux ? Ils allaient sûrement mourir de faim dans ce cagibi minuscule et empoussiéré s’ils restaient là. De nouveau, une ambiance désagréable envahit l’atmosphère. Judith, même si elle était la plus téméraire après Alexandre, chuchota :
« Heu… Écoutez, je suis désolée de ce qui s’est passé. C’est bien de ma faute, si nous sommes ici, tout seuls, à respirer de la poussière… Avec mes sucreries idiotes ! Je… »
Mais Alexandre ne lui laissa pas le temps de terminer.
« Tu vas bien rentrer dans ta tête ce que je vais te dire, Judith. Ce n’est absolument pas de ta faute ; cesse de culpabiliser, ok ? »
Puis, sa voix se fit plus douce et il continua de rassurer la jeune fille à voix basse, si bien qu’on ne comprenait plus la conversation.
« Bon, continua-t-il, j’ai une idée. La salle d’arts plastiques est juste à côté. On va s’y faufiler, très doucement, sans bruit. Il faudra peut-être enlever nos chaussures. On va tromper la créature. Une fois dans la salle d’arts plastiques, on prendra la bâche qui est dans le premier placard, celle qu’on utilise pour ne pas salir les tables. On va tous se mettre dessous, avec de petits trous pour les yeux, qu’on fera avec une paire de ciseaux. C’est un peu le même principe que pour les dragons du Nouvel An chinois, qui sont eux faits en papier de riz. Vous avez compris ? »
Les collégiens, devant une telle arrivé d’ingéniosité, approuvèrent d’une mine satisfaite. Enfin, on allait pouvoir sortir !
« Et puis, reprit Alexandre, on ira tout doucement jusqu’à la sortie. On ne quittera pas la bâche.
– Mais… Après être sortis, où est-ce qu’on ira ? » demanda timidement Joséphine.
« Chez moi, annonça Bastien. J’ai un grenier rempli de choses utiles. »
Et retrouvant confiance en eux, les ados enlevèrent leurs baskets et sortirent. Sur la pointe des pieds, ils se dépêchèrent d’entrer dans la salle d’arts plastiques. Aucun souffle de vent glacé à l’horizon… La porte fut ouverte, le plan mis à exécution. Ils passèrent la grille du collège, sous leur bâche noire maculée de taches de peinture et percée de petits trous. Arrivés au carrefour qui se situait à droite du collège, ils se figèrent devant les rues vides, les commerces inactifs et le silence absolu. Non ! À quelques voitures, voilà une ombre qui déambulait tranquillement.
Voyant la bâche noire avancer vers elle, la jeune fille s’arrêta de marcher. Elle mangeait un cookie aux pépites de chocolat, et était habillée en blanc et noir, avec un serre-tête à oreilles de chat et une queue noire attachée au haut de son pantalon. Des moustaches de chat étaient dessinées maladroitement sur ses joues. Ses grands yeux bleus tranchaient avec le noir de ses vêtements. La bâche s’immobilisa. On entendit des chuchotements, puis Judith sortit de sous le tissu.
« Euh… Bonjour ! Comment t’appelles-tu ?
– Alex.
– Moi, c’est Judith. Hum… Est-ce que par hasard tu aurais rencontré d’autres enfants ? Sous la bâche, il y a encore 6 autres collégiens. On est tout seuls depuis environ 1 heure et demie, et on a encore vu personne sauf toi…
– Ah. Mais non, moi aussi je suis toute seule… Mes parents ont disparu, et mon collège est vide. Personne, alors j’en profite pour manger des cookies. Pourquoi vous vous êtes cachés sous une… bâche ?

A suivre

Amelie MB

Les voyageurs de l’infini #1

Les voyageurs de l’infini, une sage de collégiens, écrites par des collégiens.
Bonne lecture !

Sans titre

1
Dépaysement

« BRAM ». Ce n’est qu’au deuxième coup que Bastien et Joséphine comprirent que c’était quelqu’un qui frappait à la porte et non leur cœur qui dansait la gigue à l’intérieur de leur cage thoracique.
— Ouvrez-nous, fit une voix d’adolescent à l’extérieur de la pièce où se tenaient pelotonnés l’un contre l’autre les deux enfants.
— S’il vous plait ! reprit la voix.
Bastien se décida à passer un œil à travers le verrou. C’était Marine, Lucille, Théo, Antoine, Judith et Alexandre ! Bastien ne se fit pas prier et en une demi seconde, tous les collégiens prirent place dans le cagibi où quelques minutes auparavant les deux enfants avaient trouvé refuge.
— Que se passe-t-il ? demanda Marine. Pourquoi n’y a-t-il personne dans le collège à part nous huit ?
— Aucune idée, répondit Théo. Tout ce que je sais, c’est que c’est bizarre…
— Merci Théo ! s’exclama Judith. Ca, on l’avait remarqué aussi !
— A mon avis, reprit Marine, il se passe des choses très étranges à l’extérieur de l’établissement.
— Vous êtes vraiment sûr qu’il n’y a personne ? demanda Lucille d’une voix faible.
— Tu veux rire ! On a fait le tour des étages au moins trois fois, rien de rien !
— Mais comment est-ce possible que même les dames de cantine aient disparu ? s’étonna Judith.
— Je ne sais pas, répondit Bastien. Et comment expliquer le fait qu’il y a à peine une heure, tout le collège était dans la cour, professeurs et administration compris, et que cinquante minutes plus tard, pfiou, plus une âme qui vive que ce soit ici, dans les couloirs ou dans la rue…
— Evidemment, c’est sur nous que ça tombe ! râla Judith.
— Et bien si tu ne nous avais pas entraînés dans la cantine pour manger tes cochonneries de sucreries à la noix, à l’heure qu’il est nous serions avec tous les autres ! explosa Joséphine.
Soudain, tous se turent. Un bruit, dans la salle voisine de leur cachette, avait éveillé leur curiosité.
heure, tout le collège était dans la cour, professeurs et administration compris, et que cinquante minutes plus tard, pfiou, plus une âme qui vive que ce soit ici, dans les couloirs ou dans la rue…
— Evidemment, c’est sur nous que ça tombe ! râla Judith.
— Et bien si tu ne nous avais pas entraînés dans la cantine pour manger tes cochonneries de sucreries à la noix, à l’heure qu’il est nous serions avec tous les autres ! explosa Joséphine.
Soudain, tous se turent. Un bruit, dans la salle voisine de leur cachette avait éveillée leur curiosité. Ce fut-il possible qu’il y eut quelqu’un dans ce désert humain ? Non impossible, ils avaient fouillé chaque salle, chaque couloir : ils étaient seuls. Mais alors, qu’est-ce qui avait causé cet espèce de brouhaha dans la salle de maths ? Alexandre, prenant son courage à deux mains, se proposa d’aller voir ce qui se tramait à quelques centimètres d’eux. Ses compagnons, aussi effrayés que lui le laissèrent pourtant y aller seul. Quelques minutes passèrent, puis on entendit une cavalcade et Alexandre, livide, entra en trombe dans le cagibi. Une seconde plus tard et c’en était fini de lui, en effet, sitôt qu’il fut auprès de ses camarades, une masse vint se jeter contre la porte. Heureusement, elle ne céda pas. Les enfants, que le retour d’Alexandre avait rassurés s’empressèrent de lui demander ce qu’il avait vu.
— Je n’ai pas pu voir grand-chose, commença-t-il, la seule chose que je peux vous dire, c’est que quand je suis entré il n’y avait personne. Après avoir passé le seuil de la pièce, j’ai refermé la porte. Personne n’a pu donc entrer après moi et pourtant, quelques secondes plus tard, j’ai senti comme une caresse sur ma joue droite. J’ai tourné la tête et j’ai eu le temps d’apercevoir une sorte de halo bleu se dissiper devant moi. Je m’apprêtais à sortir lorsqu’une main glaciale m’a saisie le bras.
J’ai senti ses longs ongles crochus s’enfoncer dans ma chair et essayer de me retenir mais j’ai fait plus vite qu’elle et je suis parti en courant aussi vite que mes jambes me le permettaient.
— C’est tout ? demanda Marine.
— Tu ne crois pas que ça fait déjà beaucoup ? lui répondit le garçon avec colère.
— Bien sûre que si ! Ce que je voulais dire, c’est que tu n’as vraiment pas pu savoir à qui appartenait cette main ?
— Je vous l’ai déjà dit, j’ai juste senti des ongles dans ma peau puis je suis parti en courant, tu peux me croire, je n’ai pas voulu chercher à le savoir !
A nouveau, ils partirent d’un grand rire.
— 1m43, s’il vous plaît ! reprit Lucille.
— Lucille, on comprend que tu aies peur, mais si tu n’y vas pas, personne n’y va…
— Bon… Je… Je veux bien, mais c’est uniquement parce qu’on est en danger !
A l’aide du seau et de bras musclés, Lucille parvint à s’accrocher à la poignée du vasistas et à ouvrir la minuscule ouverture dans le toit. Ce qu’ils virent alors les étonna plus que ce qu’ils avaient pu voir auparavant : le ciel, qui quelques heures plus tôt était bleu, était devenu d’un gris très foncé, tirant presque sur le noir, et des nuages oranges laissaient dans la fausse nuit des traînées pourpres qui éblouissaient les yeux des huit enfants. Pensant qu’il n’avait pas vu la nuit arriver, Antoine consulta sa montre. Le cadran de son i-Swatch indiquait 16h30. En plein mois de juin, le soleil ne se couchait pourtant pas si tôt. Le jeune garçon interrogea du regard ses compères, qui paraissaient aussi étonnés que lui. Et ces nuages oranges ! Judith, pensa qu’il était possible qu’elle fasse un rêve, et, comme pour se rassurer, se pinça avec vigueur l’avant-bras. Malheureusement, rien de ce qu’elle avait espérer concernant son réveil ne se bras. Malheureusement, rien de ce qu’elle avait espéré concernant son réveil ne se produisit. Se remettant immédiatement de ses émotions, Lucille toussota. Les autres se remirent à nouveau à la tâche, et, encore une fois, des bras chevaleresques furent demandés. Lucille, sans peine, réussit à s’extraire de l’étroite fenêtre sous le regard admiratif de ses amis. Leur joyeux étonnement fut de courte durée, le corps fluet de leur amie s’envola soudain dans les airs et quelques secondes plus tard, il ne restait de Lucille que sa ballerine noire qui était tombée à terre lors de son ascension. Les enfants se penchèrent dans le vide, regardèrent, à droite, puis à gauche, partout où ils étaient susceptibles d’apercevoir la jeune fille, rien.
Il fallait se rendre à l’évidence : ils n’étaient plus que sept.

A suivre

Auteur : Clémentine B (4C)